Nous traitons aujourd’hui le chaos en nous appuyant sur différentes conceptions de sa signification, celles qui résonnent intuitivement dans nos corps de danseurs et dans nos vies.

Dans «Here comes the chaos», nous évoquons le chaos originel, le commencement suprême. Nous plongeons dans cet état où l’énergie, la forme et la matière ne sont pas encore séparées. De ces éléments, nous tirons des pistes de création: le chaos comme la matrice, un mélange inextricable, une masse informe, un intérieur obscur, fécond, nourrit d’un vide abyssal. Cette substance à la base de tout, cet équilibre antérieur, cet état qui précède toute création, nous voulons l’explorer à travers l’énergie féminine, celle qui accueille et qui se laisse traverser par les évènements, par son environnement. Puis aller vers un état de corps défait de volonté, apte à se nourrir du silence, du vide en traversant l’état de semi-conscience, proche de celui du rêve.

L’idée que le chaos précède toute création, tout acte, nous amène à considérer que le chaos est constant, là à chaque instant, il est indissociable du présent.

 

 

L’ordre naît du désordre:

Nous explorons comment la matière vivante ce comporte et comment le corps gère, intègre et dissipe les informations qui lui parviennent. Les trois lois thermodynamique de l’univers inspire ce travail sur le chaos: La conservation de l’énergie met en lumière que la matière ne disparaît pas mais que tout se transforme. Ce qui nous offre un jeu infini de mutations et permutations.

L’effet d’entropie ou la dégradation de l’énergie montre comment le temps use et modifie la matière. Les millions de grains de sable qui composent le château de sable vont s’éparpiller, se dissiper et retourner à leur état le plus probable. La troisième loi thermodynamique est celle de l’auto-organisation de l’énergie. Il y aurait une force qui tant la matière à mieux s’organiser à partir du chaos et à lutter contre la dégradation, la dispersion, puisque c’est la pente « naturelle » et créer des structures hautement complexe comme des êtres vivants.

De la notion du chaos découle également l’idée de désordre et de confusion. Ici, nous nous interrogeons sur notre manière de réagir face à la masse d’informations qui nous parviennent. Qu’elles soient des sensations internes ou des émotions, qu’elles soient d’ordre textuel, animal, informatique, verbale, logistique, télévisuel, génétique, archaïque, auditif, visuel ou mental, que provoquent-elles en nous? Quelle posture adoptons-nous pour les recevoir? Comment les organisons nous? Quelles sont nos limites dans le traitement des informations? Avons-nous la possibilité de ralentir le rythme de ces sollicitations?

«...l’ennui me manque...»

 

Sur scène:

Sur scène, le plateau est vide, une ligne de sable coule de haut en bas, définit le lieu où l’action se passe et l’étendue de cet espace. Cette matière organique est emblématique pour définir le chaos. Les grains de sable coulent et rebondissent sans que l’on puisse anticiper ou prédire leur trajectoire. C’est l’éloge de l’inattendu. Les grains de cette ligne de sable sont assez nombreux pour former un écran de projection vidéo qui fluctue et ondule à sa convenance. La notion d’incertitude apparait également dans cette façon de renvoyer les images sur une matière mouvante où les limites de la projection ne sont pas définies. La vidéo apparait également sur le sol, par flash ou scintillement et sur le corps de l’interprète, utilisée comme de la lumière, elle unifie la matière du sable et de la danseuse dans un même espace temps. La ligne de sable est le centre névralgique de l’action, elle définit également la verticalité qui semble partir vers l’infini. La vidéo est également, et vient accentuer les états de corps du personnage.

 

La musique:

La création musicale joue également avec cette notion de désorganisation. Nous travaillons sur une bande son riche d’éléments sonores présents tout le long du spectacle, mais plus ou moins mis en avant pour faire apparaître à la fin de la pièce une musique limpide, organisée, défaite de perturbations extérieurs, dont on connait déjà tout.

 

Production: Association Yma. Coproduction: O.A.R.A. (Office Artistique de la Région Aquitaine), Ministère de la Culture - DRAC aquitaine - Direction Régionale des Affaires Culturelles, Les Petites Scènes Ouvertes - réseau inter-régional pour la diffusion chorégraphique.  PARTENAIRES: Espace d'Albret - Nérac, Théâtre Côté Cour - Mézin. La compagnie Yma est en compagnonnage avec le CDC Cuvier d’Artigues (Centre de Développement Chorégraphique).

 

VOIR LA PIÈCE DANS SON INTÉGRALITÉ

The piece deals with the notion of Chaos in a very intuitive way, drawing from different conceptions of its meanings that find an echo in our body and in our lives as dancers.

In “Here Comes The Chaos”, the performer engages with the original Chaos, the beginning of all things. We dive into a state of things in which energy, form and matter are not yet separated. From these elements we find creative pathways: chaos is the matrix, an undividable mix, an unshaped mass, a dark and fertile inner-space, nourished by a fathomless emptiness.

We use the feminine energy that is welcoming and more open-minded to things to deal with the substance that is the origin of everything, that state of being that precedes all creation.

The performer let it go and find a place where to be able to be nourished by silence, by the void. Experiencing a half- conscious state, close to that of a a dream.

The idea that Chaos precedes all creation, every acts, brings us to deem that Chaos is constant, here and now but for ever inseparable from the present.

 

 

Order out of Chaos

We explore how living matter re-acts and how it manages, digests and scatters information it gets. The three thermodynamic laws of the universe inspire this work on Chaos: the conservation of energy brings to light that living particles don’t disappear but transform. A fact that gives us a limitless span of mutations and permutations. Entropy which is a thermodynamic quantity representing the unavailability of a system's thermal energy for conversion into mechanical work, often interpreted as the degree of disorder or randomness in the system, shows how time consumes substance. The sand castle made of millions of grain of sand will eventually be scattered, dissolve into its original state. The third thermodynamics law is that of auto-organisation of energy. There would also be a force that would give order to matter from chaos and help to fight against the natural tendency of life towards degradation and dispersion, and create highly complex structures such as living beings. The notion of Chaos brings ideas of disorder and confusion. Now, we ask ourselves how we handle the mass of information before us... Whether they are internal sensations, emotional sensations or visual, animal, computer, sounds, logistic information, or mental sensations, what do they trigger within us? What stance do we choose to welcome these? How do we organize them? What are our limits in processing information? Can we slow down the pace of these demands being made of us..? “I’m missing boredom.”

 

On stage:

The stage is empty, a line made of sand drops down on the floor and define where the action takes place. This organic material is emblematic of Chaos. Grains of sand flow down and bounce on the floor making it impossible to predict their path. it's a celebration of the unexpected. The sand falling down creates a solid curtain, wide enough to project video images upon it and give an impression of a free fluctuation. Incertitude is portrayed by this mechanism of projecting images on a moving material which has no clearly-defined limits. Video images are also projected onto the floor by a second projector. It appears as flashes or twinklings, used like the light, the sand and the dancer mingle and dissolve into one in space and time. The line made of sand is where everything happens, it seems to go off towards the infinite. Video images also lay emphasis on the character’s states of the body.

 

The music:

The music score also works around the notion of mayhem. We worked with a soundtrack rich with elements right through the show but bringing different things to the fore at the end of each piece so that at the end we have a sound that is clear, organised and without external upsets. Music about which we understand everything.

 

 

Legal mention:

Production: Company YMA. In collaboration with OARA (Local Office for Artistic Development in Aquitaine), The General Council of Lot et Garonne, “Espaces pluriels” Theatre, Pau (Government sponsored Theatre); Espace d’Albret, Nérac, “Coté Cours” Theatre, Mézin. Partners: Company YMA is associated artist with Le Cuvier, Centre for Choreographic Development, Artigues-près- Bordeaux; Funded by Arts Council Aquitaine and the City of Mézin.

 

SEE FULL SHOW

HERE COMES THE CHAOS Solo, danse et vidéo. Durée: 22min. Conception: Chloé Hernandez, Orin Camus. Interprétation: Chloé Hernandez. Création lumières: Sylvie Debare. Création Vidéo: Orin Camus. Documentation: Mikael Arnal.
Yma